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APIE Lettres_Histoire

Une entrée possible dans l'Objet d'Etude : la parole en spectacle

Par CLAIRE DIAZ-TOCAVEN, publié le lundi 10 décembre 2012 15:15 - Mis à jour le samedi 31 janvier 2015 17:21

The black power.

Une vidéo qui permet d'entrer dans l'objet d'étude : la Parole en spectacle et qui permet de répondre à l'intérrogation 1 : dans le dialogue, utilisons-nous seulement des mots ?

Pour compléter la vidéo, ci-joint le témoignage de Tommie Smith et un texte qui présente la portée de ce geste.

Quand Tommie Smith parle de lui, c’est à la troisième personne, comme pour mieux souligner que celui-là est un autre qui fut médaillé d’or aux J.O. de Mexico. Dans sa bouche, les mots s’entrechoquent pour évoquer ce qui fut le geste de sa vie :

« Avec la souffrance de ses muscles et les douleurs de son coeur, il a atteint la plus belle tribune dont puisse rêver un athlète. C’est pour ça qu’il s’est défoncé pendant deux ans. Il voulait l’intégration, mais pour l’Amérique il n’était qu’un « négro » que l’on recommence à mépriser dès que la médaille est empochée. Avec son geste, le monde verrait l’amour qu’il porte aux siens. Il verrait la détermination des Noirs d’Amérique à accomplir le rêve assassiné de Martin Luther King. Ce 27 octobre 1968, tout est  pensé, calculé : c’est sa femme, Denise, qui a acheté les gants noirs, symboles de la solidarité du peuple noir ; le foulard autour de son cou représente les lynchages perpétrès dans le Sud ; les pieds nus, la pauvreté de la communauté noire américaine ; dans sa main, en signe de paix, il conserve le rameau d’olivier qu’on lui a remis avec la médaille d’or. Les caméras sont là qui le filment alors qu’il se tourne vers la bannière étoilée. C’est un moment historique qui, il en est sûr, va transformer l’avenir. Alors, dès que résonne l’hymne américain, il incline la tête et lève son poing, très haut vers le ciel... »

 

 

« Ce geste à détruit ma vie... »
« J’étais un héros et je suis devenu un paria ». Et Tommie Smith de raconter sa descente aux enfers : l’expulsion du village olympique, les menaces de mort, les promesses d’embauche qui s’évanouissent, la marginalisation et la solitude. Son épouse demande le divorce, au moment où celle de John Carlos se suicide. Pour survivre, l’un des plus grands athlètes du siècle – détenteur de onze records du monde – se met « à laver des voitures pour trois dollars l’heure ». Jusqu’à ce qu’un collège californien accepte de l’engager comme entraîneur : « aujourd’hui, les futurs athlètes entrent dans mon bureau et voient la photo : c’est vous, m’sieur ? demandent-ils. Alors je leur explique le pourquoi de ce geste, qui a détruit ma vie, mais aidé à construire ma patrie. »
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  • année 2012-2013